Ce qui part en fumée, et ce qui restera...
Par guillaume, samedi 4 mars 2006 à 14:35 :: 4) Témoignages et textes :: #14 :: rss
une réflexion catho...
J'hésite beaucoup à mettre sur ce site encore une réflexion très catho. J'hésite parce que ce blog est consacré à Pierre-Jean: qu'il soit donc clair que ces réflexions ne l'engagent en rien ! (à l'instant, il se réveille, me demande ce que je fais: je lui explique, et lui demande s'il me permet de mettre ce genre de choses sur le blog: il fait "oui" de la tête avec une moue et un demi-sourire...); il sait bien qu'il faut être patient avec ses parents, et accepter leurs manies...
Ce qui me décide aussi, c'est que beaucoup de ceux qui consultent ce blog et se serrent les coudes autour de PJ se rendent bien compte que nous sommes tous obligés d'aller puiser dans nos réserves d'humanité pour faire face à l'événement - et aussi pour s'ouvrir un horizon. Comme il y a beaucoup de mise en commun de notre humanité profonde qui passe par les câbles internet, et aussi par un silence qui se fait très bien comprendre, j'ose avec un peu de gêne, mais sans trop d'inquiétudes, lancer ceci dans notre conversation commune... Si d'autres veulent faire la même chose, chic!
Les cathos viennent de commencer le carême (vous savez, le ramadan des chrétiens!). Le but: se mettre en chemin vers une vie mieux vivante... Pour cela, trois trucs: : le "jeûne" (se désencombrer un peu pour être un peu plus léger/disponible), la "prière" ( prendre le temps de se rendre attentif à l'essentiel et de la goûter, inspirer et expirer dans notre espace commun de grandes bouffées de goût de la vraie vie), et le "partage" (diminuer un peu les murs derrière lesquels sont emprisonnés et les nantis et ceux qui manquent... de relations, d'argent, de temps...). Le carêrme a commencé par le "mercredi des cendres" (le lendemain du mardi gras; ce mercredi soir, à Binche, on mange des Maatjes!). Les cendres:non pas pour se dire: "tremble, tu y passeras tôt ou tard, et alors gare !", ou bien: "tout ici bas n'est que poussière et retournera en poussière" (il faut n'avoir jamais aimé une femme, un enfant, un ami, un paysage, un travail, pour dire ce genre d'âneries!). Non, les cendres, j'aime bien l'idée comme ceci: dans la vie, il y a des choses qui en valent la peine - et d'autres qui n'en valent pas trop la peine. Il est important de faire la différence: parce que, le jour où les choses qui ne sont pas vraiment vitales pour devenir et rester humain nous sont enlevées, "partent en fumée" (et ça arrive tôt ou tard, un peu ou beaucoup), ce jour-là , si on n'a pas cultivé un peu les choses essentielles, alors on se retrouve avec des cendres et rien d'autre... Ce qui arrive à PJ, je crois, nous saisit parce qu'on se pose tous cette question: beacoup de choses lui sont enlevées: qu'est-ce qui lui reste ? Est-ce que l'essentiel lui reste ? et si ça nous arrivait à nous ?
Je murmure une seule chose face à cette question: nous nous rendons compte que PJ et d'autres autour de lui ont semé l'amitié, l'amitié vraie et gratuite. Et la fraternité profonde. Ca, entre autres, ça ne part pas en fumée. Et aussi, PJ cultive depuis longtemps ce souci de distinguer ce qui compte vraiment... Il s'est lui-même formé, et au fond bien préparé, pour le dur combat qu'il doit mener.
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