Avec les bêtes sauvages et les anges
Par guillaume, samedi 4 mars 2006 à 15:13 :: 4) Témoignages et textes :: #15 :: rss
encore une lecture de l'évangile de ce dimanche...
Ce dimanche, on lit le récit du séjour de Jésus au désert. A lire les textes, le message est le suivant: à un moment (symbolisé par le récit de son "baptême" par Jean-Baptiste), Jésus a acquis l'expérience et la conviction d'être intimement proche d'un Dieu vivifiant. Et pour encaisser ou vérifier cette expérience, il part quelques temps au désert.
Selon Matthieu et Luc, Jésus y a connu la "tentation"': tentation de quoi ? Eh bien, s'il est vraiment tellement aimé par Dieu, il devrait quand même bénéficier de sa toute puissance, non ? Et donc être délivré des besoins et des limites humaines: changer les pierres en nourriture, dominer le monde entier, défier les lois de la nature... Voilà la tentation: vouloir que "Dieu", clé de notre espoir, soit le magicien tout-puissant, pour participer à sa toute puissance... C'est la même question qui reviendra au moment de son exécution: "on" lui criera: "si tu étais fils de "Dieu", tu descendrais de cette croix par un miracle"...
Je crois que la vie et la mort de l'homme de Nazareth peuvent nous protéger de cette illusion malfaisante, et qui finit toujours en violence: ce qui est divin n'est pas la toute-puissance, mais autre chose: la merveille des rencontres, et l'amour indéracinable de la vie vivante et des vivants, même dans notre condition humaine superbe et mal foutue, même à l'ombre de la mort...
Mais ce dimanche, on lit l'interprétation du même épisode par Marc. Il le résume en une phrase superbe:
"et aussitôt (après l'expérience du baptême) l'esprit le poussait au désert, et il était dans le désert durant quarante jours, tenté par Satan,
et il était avec les bêtes sauvages, et les anges le servaient...
Il était avec les bêtes sauvages...: quand on affronte sa vérité nue, on se retrouve vite face au doute, à la solitude, à l'angoisse, au désespoir, à la rage: chacun de nous, tôt ou tard, doit passer par là (ou bien rester en surface de la vie). Affronter ce qui nous menace et nous déchire de l'intérieur: se découvrir tout près de basculer hors de l'humain... Inutile de dire que les bêtes sauvages rodent autour de PJ...
...et les anges le servaient: les signes de la grande tendresse, qui mettent un goût de vie même dans l'ombre noire.
Les deux ensemble: les bêtes sauvages et les anges.
Commentaires
1. Le samedi 4 mars 2006 à 23:24, par Axelle
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