Où est Dieu ?
Par guillaume, samedi 18 mars 2006 à 23:57 :: 4) Témoignages et textes :: #91 :: rss
G. rumine l'évangile de ce dimanche
On lit demain le récit d'une des (nombreuses!) disputes de Jésus de Nazareth (pas sûr du tout qu'il ait eu très bon caractère...) avec d'autres juifs.
Jésus priait ( ça ne veut pas dire: il "disait des prières"...) au Temple. En tous cas, il essayait. Mais, pour avoir la paix, pour qu'on puisse prier en paix...et (donc) en vérité..., il se met à chasser les vendeurs de bestiaux/bestioles et les comptoirs de banque qui étaient nécessaires pour le "culte" officiel, c'est-à -dire les sacrifices d'animaux. Evidemment, engueulade: "de quel droit tu...?". Réponse: "le temple, le vrai, vous l'abattrez...et après trois jours, il sera relevé..." Ceux qui écrivent l'évangile précisent ce qu'ils ont compris plus tard: "il parlait du temple de son corps".
En fait, le sujet de la dispute, c'est: où est "Dieu" ? Où est-ce que nous pouvons rencontrer la source d'où jaillit la vie, l'essentiel, l'absolu, ce qui compte plus que tout, d'où rayonne la lumière ? Comment est-ce qu'il se fait proche ? C'est déjà la question que pose la parabole du bon samaritain: où est-ce que "Dieu" se fait proche? Au Temple - cérémonies, mystère, paroles sacrées, chants, ferveur de l'assemblée... - ou dans le corps blessé et sale d'un être humain ordinaire au bord d'une route ?
Le corps blessé, ce soir, pour nous, ce n'est plus une simple idée. Nous commençons à apprendre ce que des millions de personnes, dans le monde, sont en train de vivre auprès d'un malade, d'un blessé, d'un enfant au ventre gonflé par la faim, d'une personne handicapée d'une façon ou d'une autre...Nous pensons à Steve... à cette maman de trois petits enfants, pas loin de chez nous, que le cancer a finalement emportée...
Le corps d'un homme, d'une femme, d'un enfant. Pas 50 ou 80 kgs de matière, muscles, os, etc...: mais ce bout de réalité qui est est "quelqu'un". Si beau, si fort - la grâce d'une jolie fille, l'énergie d'un sportif. Et si fragile, et si cruel, impitoyable, à nous tirer les larmes des yeux: un grand vieillard, un malade à bout de forces... Un "corps", pour nous, ça n'a plus tout-à -fait le même sens qu'il y a deux mois. Il y a PJ, il y a son corps. On ne sait pas où porter le regard.
Il y a l'invraisemblable, l'inimaginable souffrance de ce corps. Et même autre chose que la douleur, quelque chose de pire. Les personnes handicapées me comprendront.
Et puis, il y a la douceur des infirmières, la façon dont elles relèvent un oreiller, massent une épaule. La patience des kinés, qui calculent au millimètre le mouvement, la douleur qu'il fait, le supportable et le pas supportable...(merci, Jean-François...). Et aussi leurs blagues, qui font reculer l'ombre noire (merci, Diana, Dolorès, Danny, Eric...).
Et puis, il y a la personne blessée qui rassemble ses forces, les forces de son corps, ou malgré son corps, pour supporter. PJ qui veut être bon envers nous. Envers ceux qui viennent le voir. Qui met un sourire sur son visage, pour que ça ne soit pas trop dur pour nous, pour ses amis. Qui parfois supporte une crampe sans appeller les infirmières , parce qu'il sait qu'à ce moment là elles sont très occupées.
Il y a de l'amitié, de l'amour, de la bonté, autour de ces corps blessés, qui vont vers eux - et qui viennent d'eux vers nous. Il se passe quelque chose autour des corps blessés des humains. Il y a des corps blessés qui deviennent en même temps des foyers de fraternité. Des sources d'une vie différente...nouvelle... C'est ce que les chrétiens essayent d'apprendre à l'eucharistie: comment un corps brisé peut devenir source de vie.
Est-ce qu'il y a dans le monde des choses qui ont beaucoup plus d'importance ? Peut-être que c'est quelque chose comme ça que Jésus a essayé de faire comprendre ? Le seul "Temple" où réside le foyer secret de la vie vivante, c'est le corps souffrant et peut-être "partagé", jusque dans cette souffrance, des hommes et des femmes ?
Mais Jésus disait: " ce corps qui est le vrai temple, si vous le détruisez, en trois jours je le relèverai". Trois jours...Combien de temps durent ces "trois jours" ? Le jour de la "résurrection" de la chair massacrée, quand arrivera-t-il?
Commentaires
1. Le lundi 20 mars 2006 à 22:41, par Véronique, de Loupoigne
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