samedi 3 février 2007
Humanité...
Par guillaume, samedi 3 février 2007 à 14:55 :: 1) Nouvelles de PJ
PJ a dû rester au CTR ce WE, pour compenser le WE passé en Ardenne; mais cela lui permettra de se reposer. Il est fatigué, pour de bonnes raisons: l'énergie renouvelée de ces dernières semaines lui fait faire encore de nouveaux progrès, millimétriques d'une certaine façon, mais spectaculaires aussi. Il fait régulièrement quelques pas sans béquille:difficilement, maladroitement, mais... Il essaie aussi une sorte de "scooter" électrique à 4 roues, très pratique, qui permet aussi bien de rouler en rue que d'entrer dans un supermarché, par exemple. Il s'est ainsi retrouvé devant les grilles du palais de Laeken, puis au super-Delhaize.
Mais autant l'évolution de PJ nous remplit d'espoir, autant nous sommes blessés, blessés, par ce qui vient d'arriver au fils aîné d'un jeune couple ami. Ce petit garçon a treize mois, et a déjà subi deux lourdes interventions cardiaques; on le croyait tiré d'affaire, et puis un accident vasculaire cérébral vient de le rendre hémiplégique ... Bien sûr, notre expérience prouve qu'il y a parfois, même souvent, des évolutions neurologiques merveilleusement inattendues; bien sûr, les médecins sont plus optimistes (prudemment) pour ce petit garçon qu'ils ne l'étaient pour PJ:il n'y a pas de dégâts mentaux, mais seulement moteurs, et il est très probable qu'il pourra mener une vie quasi-normale. Et ses parents sont d'une solidité formidable. Et tout ce que la Fondation Pierre-Jean pourrait donner comme coup de pouce, bien sûr, elle le donnera. Mais quand même... cette nouvelle nous blesse, nous alourdit.
Elle nous rappelle ce qu'on tend tout naturellement à chasser de son esprit:que la vie humaine est pleine de souffrances. On essaie de l'oublier, on se détourne souvent devant elle, ou bien on cache ses propres souffrances...Cela ne fait souvent que les rendre plus difficiles à vivre, si on les vit comme anormales. Il ne s'agit pas de se résigner, ou d' "accepter" - mais de reconnaître que la souffrance n'est pas "anormale". Qu'elle fait partie de notre humanité, de toute vie vraiment humaine. Et surtout que des liens humains qui essaient de se nouer en poussant les souffrances sur le côté, ce sont des liens minces et très fragiles, habités invisiblement par la peur et le non - dit.
Par contre, partager notre commune humanité en vérité, cette humanité à la fois superbe et douloureuse... il y a là un bonheur qui rend vivant, même dans la souffrance ! Oui, nous osons dire cela.
Tout cela, en fait, nous le découvrons depuis cette année, et surtout nous le ruminons à partir d'un mot reçu d'une amie, Suzanne B., qui vient de perdre son mari après presque 60 ans de vie vraiment partagée. Ce mot est très simple, mais, venant de Suzanne, et signé d'une vie d'engagement solidaire inlassable, il est d'une force de vérité éblouissante et vivifiante:c'est pourquoi nous vous le partageons. Elle a simplement écrit ces 7 mots:
"la souffrance est partout...le bonheur aussi..."