voilà: deux ans et demi après son départ pour les sports d'hiver, PJ est reparti "pour de nouvelles aventures" - selon la devise familiale !
Avec son ami Xavier, étudiant comme lui en 2° année d'ingénieur civil ("polytechnique", selon la nouvelle appellation), ils ont hier soir mis au point les derniers détails de leurs équipements - la remorque-vélo adaptée au segway, les supports et les fixations pour les batteries de rechange... - rempli leurs sacs à dos du strict nécessaire, vérifié leur itinéraire - en se disant bien que, malgré tout, il y aura 50% d'imprévu ! Et ce matin tôt, départ pour la gare du midi.

Et, de fait, premiers imprévus...

Déjà lors du congé de Pâques, PJ avait rencontré l'incompréhension des contrôleurs de chemins de fer, qui ne voulaient pas l'accepter avec son engin. Instruit par l'expérience, il avait d'abord écrit à la direction de la SNCB, et cette fois prévenu à l'avance; et à 7 h un "accompagnateur" nous attendait à la gare du midi pour faciliter l'embarquement... En réalité, il a plutôt une nouvelle fois multiplié les difficultés. Le Hic, apparemment, c'est que le segway ne ressemble pas à un véhicule pour personne handicapée; et que, quand on voit PJ, on ne devine pas qu'il tient debout parce qu'il a sous son pantalon 2,5kgs d'atelles à chaque jambe, etc... Bref, il a fallu longuement parlementer pour monter à bord du TGV, malgré la réservation pour personne handicapée avec véhicule. Un exemple des mille choses qui font le quotidien de PJ, 365 jours par an, et de toutes les personnes handicapées.
Second imprévu: panne du train, transbordement dans un autre convoi (déjà bondé)... arrivée à Bordeaux avec 3 heures de retard... Heureusement, le représentant à Bordeaux de la société Segway-France était là, lui, avec comme promis les batteries de réserve et, surtout, un second engin, prêté gratuitement pour transporter Xavier, et avec les accessoires nécessaires... Là vraiment, nous les remercions du fond du coeur pour le formidable coup de pouce qu'ils donnent à PJ et Xavier, qui veulent malgré les énormes difficultés faire simplement ce que font tous les jeunes de leur âge: partir à l'aventure !
De plus, ce monsieur a estimé que l'itinéraire prévu au départ pour aller de Bordeaux aux Pyrénées à travers les landes - était peu adapté: longues nationales rectilignes, où les voitures roulent très vite ; et il les a donc conduits directement à leur deuxième étape, d'où ils repartiront tôt demain matin.
Nous n'avons pas plus de détails sur leur logement de ce soir. PJ a passé de nombreuses heures au téléphone pour contacter les curés des villages sur leur itinéraire, et trouver ainsi des familles d'accueil. A tous ceux-là, que nous ne connaissons pas, et qui ont fait confiance et ouvert leur porte, nous voudrions dire notre merci fraternel...

Voilà les nouvelles de ce soir. On croise les doigts, avec à la fois de la joie et de l'anxiété. Ce petit itinéraire banal devient, face au handicap, un défi formidable. Tant de fragilité, tant d'énergie, tant de solidarité...
On en profite pour souhaiter de bonnes vacances à tous ceux qui, par ce blog, continuent à soutenir PJ - et sa famille ! et on va essayer de mettre des photos !